Introduction
Fondée en 1951, l’OIM est une organisation apparentée aux Nations Unies et la principale agence onusienne dans le domaine des migrations. En collaboration étroite avec des partenaires gouvernementaux, intergouvernementaux et non gouvernementaux, l’OIM promeut une migration humaine et ordonnée au bénéfice de tous. Elle sauve des vies et protège les personnes en mouvement, propose des solutions aux déplacements et facilite les voies de migration régulière, tout en fournissant des services et des conseils aux gouvernements et aux migrants.
L’OIM s’engage à favoriser un environnement de travail respectueux, inclusif et solidaire, où tous les employés peuvent s’épanouir professionnellement et se sentir valorisés. En créant un tel cadre, l’OIM vise à mieux exploiter tout le potentiel de la migration et à renforcer son soutien aux personnes en mouvement.
CONTEXTE ET PORTEE DU PROJET
Au cours des dernières années, la Côte d’Ivoire s’est progressivement affirmée non seulement comme un pays de destination, mais également comme un pays d’origine et de transit pour les migrants. Malgré sa position économique solide dans la sous-région, le pays fait face à des niveaux persistants de chômage et de sous-emploi des jeunes, caractérisés par une forte prévalence de l’emploi informel. Cette situation s’explique notamment par un décalage structurel entre les compétences produites par le système d’enseignement et de formation et les besoins du marché du travail, limitant ainsi les opportunités d’insertion professionnelle durable.
Le projet « Renforcer les voies sûres et régulières pour les travailleurs et étudiants ivoiriens pour un développement durable en Côte d’Ivoire », financé par le Fonds de l’OIM pour le Développement, avec une contribution financière de l’Union Européenne, vise à renforcer les opportunités de migration sûre, ordonnée et régulière, en particulier à travers le renforcement, l’élargissement ou le développement de voies de mobilité basées sur les compétences.
Dans ce cadre, la réalisation d’une étude de faisabilité sur les partenariats de mobilité des compétences en Côte d’Ivoire est essentielle afin d’identifier des corridors migratoires prioritaires et d’évaluer les conditions nécessaires à l’établissement de partenariats de mobilité des compétences, alignés à la fois sur les priorités nationales de développement et les besoins des marchés du travail local et des pays partenaires.
Cette consultance s’inscrit également dans le cadre du projet MIGRET - « Réintégration durable des personnes migrantes de retour en Côte d’Ivoire et lutte contre la traite », mis en œuvre par le consortium composé de l’OIM, d’Expertise France et d’Enabel, avec le soutien de l’Union européenne et de la France. Le projet vise à renforcer la gouvernance des migrations en Côte d’Ivoire en faisant de la migration un levier de développement, notamment à travers la réintégration durable des migrants de retour, la promotion des opportunités socio-économiques locales et la prévention de la migration irrégulière.
Dans ce cadre, le projet MIGRET accorde une attention particulière à l’amélioration de l’accès à une information fiable sur les opportunités locales, les voies régulières et les risques liés à la migration irrégulière.
Les résultats de l’étude de faisabilité et plus particulièrement la cartographie des voies régulières de migration viendront directement alimenter les outils et supports de sensibilisation qui seront développés dans le cadre du projet, en contribuant à la production d’informations fiables, structurées et accessibles sur les voies régulières de migration.
4.2 Objectifs
L’objectif global de la mission est de produire une étude de faisabilité sur les partenariats de mobilité des compétences en Côte d’Ivoire visant à appuyer l’opérationnalisation de voies régulières de migration basées sur les compétences (travail et études) pour les ressortissants ivoiriens. Les objectifs spécifiques sont les suivants :
- Réaliser une cartographie des voies régulières de migration (travail et étude) existantes, principalement des accords de migration de main d’œuvre (ABMMO) pertinents impliquant la Côte d’Ivoire ;
- Identifier et prioriser des corridors migratoires pertinents (Nord–Sud et Sud–Sud) pour le développement de partenariats de mobilité des compétences ;
- Évaluer la faisabilité technique, institutionnelle, économique, juridique et opérationnelle de la mise en place de tels partenariats ;
- Proposer des recommandations concrètes et opérationnelles, incluant une feuille de route pour leur mise en œuvre.
L’ensemble de ces éléments sera consolidé dans un rapport unique, structuré en plusieurs sections analytiques.
L’étude contribuera également à la production d’une base d’information structurée sur les voies régulières (travail et études), en vue d’alimenter les outils de sensibilisation et d’information destinés aux jeunes et aux communautés dans le cadre du projet MIGRET, y compris la mise à jour de la plateforme afin d’y intégrer ces informations et de fournir un accès simplifié à des contenus contextualisés et fiables.
4.3 Travaux et tâches
Sous la supervision de l’OIM, de l’unité LMI/MECC le/la consultant(e) réalisera une étude de faisabilité sur les partenariats de mobilité des compétences en Côte d’Ivoire, comprenant les composantes suivantes :
(i) Cartographie des voies régulières de migration
- Réaliser une cartographie des accords bilatéraux de migration de travail impliquant la Côte d’Ivoire (statut, portée, niveau de mise en œuvre, résultats, défis) ;
- Identifier et analyser les opportunités existantes de migration régulière (travail et études, y compris les bourses) pour les ressortissants ivoiriens vers des pays ciblés ;
- Examiner les conditions d’accès, procédures, acteurs impliqués, coûts, ainsi que les obstacles rencontrés ;
- Intégrer une approche sensible au genre dans l’analyse, notamment en identifiant les différences d’accès, de contraintes, de risques et d’opportunités entre femmes et hommes en matière de migration régulière (travail et études), ainsi que les barrières spécifiques rencontrées par les femmes et les jeunes filles.
(ii) Identification de corridors migratoires prioritaires
- Proposer, en coordination avec l’OIM et le comité de suivi du projet MIRACI :
- Fonder la sélection des corridors sur une analyse combinée incluant :
(iii) Analyse de faisabilité des partenariats de mobilité des compétences avec deux pays de destination
- Cartographier et analyser les parties prenantes clés ;
- Évaluer les cadres juridiques, politiques et institutionnels ;
- Analyser les systèmes de formation (notamment EFTP), les mécanismes de reconnaissance des compétences et les modalités de mobilité ;
- Analyser les conditions économiques de mise en œuvre, notamment :
- la demande actuelle et projetée de travailleurs dans les pays de destination ;
- les pénuries de compétences par secteur et par niveau de qualification ;
- les dynamiques sectorielles et perspectives de croissance économique ;
- les liens économiques bilatéraux (commerce, investissements, coopération au développement) ;
- les flux financiers liés à la migration, notamment les transferts de fonds lorsque pertinent.
- Identification des secteurs prioritaires sur la base :
- Analyse des exigences opérationnelles et des coûts
- Évaluer les coûts associés à la mobilité, incluant lorsque possible :
(iv) Élaboration d’une feuille de route opérationnelle
- Formuler des recommandations opérationnelles pour la mise en place de partenariats de mobilité des compétences avec ces deux pays de destination ;
- Élaborer une feuille de route détaillée, incluant les étapes, les rôles institutionnels, les partenariats nécessaires et un calendrier indicatif ;
- Organiser et faciliter un atelier de validation afin de consolider les résultats.
L’ensemble des analyses ci-dessus devra être intégré dans un seul rapport final, structuré en sections cohérentes (cartographie, corridors, analyse de faisabilité et feuille de route).
[1] https://www.oecd.org/fr/publications/panorama-de-l-emigration-ivoirienne_3f0192fe-fr.html
UNITÉ/DÉPARTEMENT ORGANISATIONNEL AUQUEL LE(LA) CONSULTANT(E) CONTRIBUE
LMI/MECC
PRODUITS CONCRETS ET MESURABLES DE LA TÂCHE ASSIGNÉE
Education
- Master (ou équivalent) en sciences économiques, migration, développement, sciences sociales, ou dans un domaine connexe, délivré par une institution académique accréditée.
Expérience
- Au moins 8 ans d’expérience avérée dans la collecte et l’analyse de données quantitatives et qualitatives ;
- Expérience confirmée en recherche analytique, incluant la production de rapports et d’études ;
- Au moins 5 ans d’expérience dans la conduite de consultances ou projets dans les domaines de la migration, du développement ou des politiques publiques ;
- Bonne compréhension des dynamiques migratoires en Côte d’Ivoire et/ou en Afrique de l’Ouest ;
- Expérience en matière d’analyse de marchés du travail, de mobilité des compétences ou de migration de travail fortement souhaitée ;
- Expérience de collaboration avec des organisations internationales (notamment OIM, ONU, Banque mondiale, etc.) considérée comme un atout ;
- Une expérience en communication ou en changement de comportement constitue un atout.
Aptitudes
- Solides capacités analytiques et conceptuelles, notamment en analyse économique et en lien avec les politiques de migration ;
- Excellente connaissance des enjeux migration-développement et des cadres internationaux (GCM, etc.) ;
- Bonne compréhension des accords bilatéraux de migration et capacité à analyser des cadres juridiques et politiques ;
- Capacité à produire des rapports de haute qualité dans des délais serrés ;
- Excellentes compétences rédactionnelles en français ;
- Bonne maîtrise de l’anglais (écrit et oral) souhaitée ;
La connaissance des langues locales ivoiriennes constitue un atout.
Langue
Pour ce poste de consultance, le maitrise du Français et de l'Anglais est requise.
La maîtrise des langues requises sera spécifiquement évaluée au cours du processus de sélection, lequel pourra inclure des évaluations écrites et/ou orales.
Déplacements nécessaires
Le consultant ne bénéficiera pas de frais de mission. Ces frais seront directement à sa charge et devront être prévus dans sa proposition.
Dossier de candidature
- Une offre technique comprenant une note méthodologique succincte expliquant la compréhension du mandat, l’approche proposée, le calendrier indicatif et les outils envisagés pour la collecte et l’analyse des données.
- Le(s) curriculum vitae détaillé(s) mettant en évidence les qualifications académiques, les expériences pertinentes, les missions similaires réalisées ainsi que les compétences du/de la candidat(e).
- Une offre financière détaillée, exprimée en coût global, incluant l’ensemble des honoraires et des frais connexes liés à l’exécution de la mission, notamment les déplacements, la communication et toute autre dépense nécessaire.
COMPETENCES REQUISES
Compétences de base – indicateurs comportementaux
Notes
- Toute offre faite au candidat en lien avec cet avis de vacance est soumise à la confirmation du financement.
- La nomination sera conditionnée à la certification de l’aptitude médicale du candidat, à l’accréditation, aux exigences de résidence ou de visa, ainsi qu’aux autorisations de sécurité.
- L’OIM applique une politique de tolérance zéro concernant les comportements incompatibles avec les objectifs des Nations Unies et de l’OIM, y compris l’exploitation et les abus sexuels, le harcèlement sexuel, l’abus d’autorité et la discrimination fondée sur le genre, la nationalité, l’âge, la race, l’orientation sexuelle, la religion, l’origine ethnique ou le handicap.
- L’OIM ne facture aucun frais à aucune étape de son processus de recrutement (candidature, entretien, traitement, formation ou autre). L’OIM ne demande aucune information relative aux comptes bancaires.
- Aucune candidature tardive ne sera acceptée. Seuls les candidats présélectionnés seront contactés.
